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Premier contact avec l'institution scolaire

2 Juin 2012 , Rédigé par Naddie Publié dans #Humeur

Hier soir était un grand jour : première réunion à l'école, en vue de la rentrée prochaine de Titou.

 

J'ai toujours aimé l'école, j'ai vraiment envie que ce soit le cas de Titou également. Elle réclame son école, sa maitresse et sa rentrée depuis un an déjà. Depuis un an nous la faisons patienter. C'est vous dire la dimension de l'évènement que représente cette réunion.

 

Pourtant au fond de moi je ne pouvais pas m'empêcher de penser que, désormais parent, cette rentrée ne serait pas simple. Oh pas émotionnellement, tout le monde ici est content de la rentrée qui s'annonce.

 

Plutôt dans mes rapports avec l'institution scolaire, en tant que parent d'élève cette fois, et pis encore en tant que mère qui travaille (entendons-nous bien, pas de sexisme vis-à-vis des pères ici, mais on parle de moi je vous rappelle). Je n'ai pas été déçue.

 

Déjà pour l'inscription on avait pu apprécier combien la municipalité choyait les parents qui travaillent. Les inscriptions se faisaient à la mairie, sur 10 jours, entre 9h et 17h. Pratique.

 

Cette inscription là ne suffisant pas, un rendez-vous était ensuite nécessaire auprès de la directrice, trois lundis possibles de 10h à 17h30 (de mémoire, on va pas pinailler). Bref, génial comme horaires.

Chéri à donc posé une journée, spécialement pour ça. Bonheur.

 

Et hier donc la grande réunion d'information, avec visite de l'école. Ah oui mais attention, l'organisation est née d'un cerveau diabolique : première heure de réunion, 17h-18h, informations générales, SANS les enfants (en rouge sur le panneau devant l'école). Puis à 18h, visite des locaux, AVEC les enfants cette fois donc.

 

En résumé, il fallait soit que je trouve quelqu'un pour me déposer Titou à 18h, soit qu'elle apprenne à rentrer seule de chez la nounou à 3km de là. À 2 ans 1/2 donc.

J'ai envisagé la téléportation également.

Chéri n'était pas disponible, et il s'était déjà devoué pour la phase 1. La nounou n'est pas à ma disposition, elle garde d'autres enfants et n'a pas le permis. Les grands-parents travaillent, ou sont à 500 km de là.

Bref en mère moderne je me débrouille, et ayant la chance d'avoir une petite fille plutôt calme, je décide de l'emmener avec moi.

 

Pour être à 17h à cette réunion, en ayant préalablement récupéré l'enfant donc, dont la présence était requise pour la seconde partie de la réunion, j'ai du quitter le boulot à 15h15. Décidément, on est pas aidés. Mais c'est exceptionnel me direz-vous. Soit.

J'arrive, un peu essoufflée, à 16h53 dans la cour de l'école. Je ne connais pas les lieux, je cherche un peu, une femme le visage fermé se trouve devant la porte, je m'enquiers du lieu de la réunion. Cerbère me répond que 1/ c'est à 17h (il est donc -7 je vous le rappelle), 2/ on a dit SANS les enfants.

Elle me plaît celle-là. Je lui répond que j'ai appelé pour prévenir, et que je n'ai pas de solution pour que ma petite arrive seule à 18h. Sa réponse fuse : "les autres ont une nounou, un conjoint ou des grands-parents".

Parents célibataires ou déracinés, bienvenue ici vous y serez bien !

Réponse rapide de ma part, elle me répond toujours aussi aimablement que je n'aurai qu'à me mettre au fond et si elle fait trop de bruit la sortir, tant pis. Hummmmm....

Oserais-je préciser qu'avant même sa cordiale invitation à me parquer au fond de la classe, c'était bien mon intention ? On est habitué, tout de même, avec des petits, à se mettre en arrière, et sur le bord, pour parer à toute nécessité de sortir discrètement...

 

Bref installons-nous, ça va commencer. Précisons d'emblée que pendant l'heure que dura le laïus de Madame la Directrice (car telle était bien la qualité de Cerbère...) Titou a été adorablement sage, alternant entre mes genoux ou assise au sol à mes pieds, bouquinant parfois pour se divertir ou jouant avec sa poupée.... T'as vu ça Cerbère ? Ca t'en bouche un coin hein ? 

 

Fidèle à elle-même, Cerbère m'a servi le grand jeu, suggérant à demi-mot que je (nous tous parents !) ferais bien d'arrêter de bosser.

Parce que voyez-vous les enfants "n'aiment pas la cantine", "ont des (trop) longues journées"... "Certains [enfants-NDA] ne reviennent pas l'après-midi, mais pas tous malheureusement". Dixit. Je vous jure. Ah et "Oui il nous arrive d'être malade, alors si vraiment on a pas le choix bon on les accueille, mais c'est mieux si vous les gardez tout de même". Bien sûr..... 

Huit ans que je bosse, j'ai posé deux journées de congé maladie. Et de force, j'étais enceinte, le médecin m'a engueulée.

Ok, je suis pas un exemple, et puis elles ont un métier difficile, et sont plus au contact des microbes.... 

Pas faux. Alors je dirais que l'on peut aborder ici le problème du remplacement peut-être, 3 remplacantes sur le secteur pour 400 écoles, ça vous parle Monsieur Peillon ? 

 

Sur le plan éducatif la réunion dépassa toutes mes espérances... L'école, dès la maternelle, avec des petits qui n'auront même pas 3 ans pour certains, est devenue une institution stricte, militaire, rigide. Pas de place pour la différence, l'unité. 

 

Avais-je oublié, ou cela est-il récent ? Je ne saurai pas dire. Je n'aurai sûrement pas la réponse, trop de temps s'est écoulé entre mes deux contacts avec l'école républicaine.

 

Aujourd'hui, en tout cas, l'enfant disparaît derrière le groupe, les apprentissages sont globaux, ils doivent rentrer dans le moule. L'enfant s'adaptera à la classe et à l'école, pas l'inverse. 

"On en a 30, on a pas le temps". Oui c'est vrai bien sûr. Mais tout de même. Un enfant est un adulte en devenir. Avec une personnalité, un fonctionnement propre. 

 

Evidemment il faut des règles, comme partout, plus encore à l'école peut-être. Je ne dirai pas le contraire. Mais la présentation qui nous a été faite a été claire : tous les mêmes acquisitions, tous les mêmes exigences...tous le même moule.

 

J'ai mal à mon école.

 

Cette école-là, celle que l'on m'a dépeint ce soir-là, ne peut pas répondre aux besoins d'un pays vieillissant, fatigué, en panne comme le nôtre. Nous avons besoin de tous les talents, la République est riche des compétences et aspirations disparates de ses membres. On ne peut pas, on ne doit pas les homogénéiser. On doit favoriser leur développement, leurs différences.

 

J'y veillerai en tout cas pour Titou. Ce sera finalement cela mon rôle : développer sa personnalité, la faire s'épanouir pour ce qu'elle est, puisque l'école ne le fera pas. Chaque enfant est un diamant, l'école en facettera une partie, nous nous chargerons de l'autre. Plus les facettes sont nombreuses, plus le diamant brille ! 

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véro 04/06/2012 08:25

Bienvenue chez les grands !! Je pense qu'à l'école, comme ailleurs, beaucoup de choses dépendent de la direction en place.
Je serai tentée de défendre (un peu) cette femme en prenant le discours qu'elle tient dans un contexte global (ben oui elle ne peut pas faire un discours par parent parce que là il faudrait déposer
une semaine de congé ...) l'école n'est pas là pour remplacer les parents je pense que le message était surtout celui là.
Peut-être as-tu un peu idéalisé ton souvenir mais aussi n'oublie pas que tu es dans une grande ville ce qui n'était pas ton cas ni le mien pour mon Titou à moi devenu bien trop grand ! Dans une
école tu verras que chaque instit est différent et tu risques de passer par tous les états au gré de la scolarité de Titou.... Je dirai donc wait and see ...l'essentiel étant que l'enfant est doté
de ressources étonnantes et que la plupart du temps il trouvera facilement sa place sans pour autant se défaire de sa personnalité.
Le mien s'est fait virer de la sieste pour trampoline sur les lits, reproché de courir partout et sans cesse pendant la "garderie" du soir ... et alors ? Il ne se bagarrait pas, n'insultait
personne respectait les adultes, avait simplement de l'énergie à dépenser et ce n'était pas réservé à l'école !

Naddie 08/06/2012 22:24

Effectivement, wait and see ! Je reconnais que je suis pas emballée, mais je garde à l'esprit que le plus important dans l'histoire c'est son contact avec les petits, pas avec leurs parents.
J'ai donné une chance à l'école publique, je l'avais promis à un oncle cher à mon cœur il y a 3 ans, au détour d'une discussion. Je veux croire que le pire n'étant jamais certains elle a d'abord voulu "baliser" le terrain, car en effet je veux bien croire que tous les parents à ses yeux ne soient pas non plus des modèles.....
Quoiqu'il en soit il est certain que mon avis concernant la maîtresse, l'école, la directrice, me sera personnel, et que je ne l'évoquerai pas devant Louise. Elle devra garder respect et bienveillance (et attachement) envers celle qui la fera grandir à nos côtés !

cloeliae 03/06/2012 21:42

Tu n'es pas au bout de tes déconvenues, chère Naddie ! Avant que ma fille entre à l'école, les collègues de travail me disaient toutes à quel point il fallait plaire à la maîtresse pour éviter de
faire de ton enfant un souffre douleur. Cela m'avait choquée. Les classes surchargées dès la maternelle où les enseignants font déjà plus de discipline que d'éducatif ont vicié le système. Il n'y a
pas de mystère : il faut des moyens, des instits pour pouvoir donner à tous les petits l'envie de découvrir le monde, l'envie d'aimer l'école et d'y être heureux.
J'ai eu de la chance : ma fille a commencé avec l'instit que j'avais eu moi même (une crème)dans une classe à 22 petits campagnards relativement sages dont la pluspart des mamans/mamies sont là
matin midi et soir. Mais la ruralité a aussi des travers. L'an prochain, le CP s'annonce moins rose. La classe est fermée (moins de 24). L'effectif sera partagé en 2 : 11 resterons en 3e année de
maternelle, 11 rejoindront les CM. Effectifs pour chacune des classes : au moins 32. Et 2 niveaux. Drôle d'équation...
Et on veux rajouter une demi journée à leur semaine alors que n'importe quel adulte pèterait les plombs dans cette situation !

Naddie 08/06/2012 22:31



J'ai eu l'occasion de l'aborder, une demi journée permettrait peut être des journées dans lesquelles il y aurait aussi plus de respirations. Mais sans certitude.... 


Pour le reste, ville ou campagne ont pour chaque des caractéristiques propres, et mon dragon ne serait pas forcément plus aimable dans un pré plus vert ! 


Dans cette école cadrée, cloisonnée, surchargée, je pense surtout aux petits bouts qui ont besoin d'un rythme propre, qui n'est pas meilleur ou moins bon qu'un autre, qui est juste autre. 


Mais il est vrai aussi que dans une société où productivité et interchangeabilité semblent devenus si importants, l'école ne fait que se plier aux nouveaux standards....



Maître Mistinguette 02/06/2012 20:59

si ça peut te rassurer, "ma" directrice a l'air bcp plus sympa. Déjà, indépendamment de la réunion qu'on aura fin juin, elle tient à rencontrer chaque couple de parents des enfants inscrits. On l'a
vu 3/4 d'h et elle avait l'air pleine de peps et de bon sens. SUr les absences elle a dit qu'il n'y en avait pas trop et a fait une blague sur le fait que vu son âge et celui des maîtresses y avait
pas de risque de congé maternité.
Bref, pour dire que ça dépend bcp de la directrice je pense. MAnifestement tu n'as pas eu de chance avec la tienne...

Naddie 08/06/2012 22:37



Comme disait Jacques Baudoin, ça lui passera avant que ça ne me reprenne ! Qd on me montre les dents, je souris et dis avec douceur les mots durs que je pense. En général, l'effet est garanti.


Et puis elle comprendra vite que bien qu'intransigeante, je ferai partie de ces parents qui par principe appuieront les choix pédagogiques, et ne contesteront pas l'autorité scolaire, parce que
ce respect là est essentiel. 


Comme on ne se contredit pas entre parents devant les enfants, on ne dit pas de mal de la directrice ou de l'institutrice. Elle a raison. Ce qui en cas contraire ne m'empêcherait pas de lui dire
ma façon de penser, mais en privé. 


Je crois qu'elle doit voir de tout, d'où une approche ferme et mordante, mais elle comprendra aussi que je ne serai sûrement pas son plus gros problème pour les 3 prochaines années !