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Collaboration

27 Janvier 2013 , Rédigé par Naddie Publié dans #Sorties-Lectures


collab


Le pitch :

Deux artistes au sommet de la gloire. Deux géants ! Richard Strauss et Stefan Zweig. Le premier, proche du régime nazi et se croyant tout
puissant et intouchable, non concerné par la politique. Le second, craignant au contraire cette politique et la violence qu’elle allait sécréter. Ils s’admiraient. Ils créeront ensemble un opéra
bouffe inspiré de Ben Johnson,« La Femme Silencieuse », immense succès arrêté dès la seconde représentation par le régime nazi, le nom d’un juif étant resté sur l’affiche malgré l’interdiction.
Une fois encore la politique de la haine montrait son talent (production).



Mon avis :

Je rêvais de Michel Aumont sur scène. 


Mais quel comédien ! Quel talent ! Avec Didier Sandre, campant respectivement Strauss et Zweig, les deux comédiens virtuoses, sous la direction de Georges Werler, excèlent. 

Michel Aumont incarne parfaitement un Strauss ferme, impatient, sûr de la puissance de son art, mais aussi tout à la fois pétri de doutes sur lui, sur l'étendue de son talent. 

A la fois trop sûr de sa capacité à maîtriser son rapprochement avec les nazis, et incapable de mesurer l'importance des évènements en cours. 

Didier Sandre porte un Stefan Zweig plus en retenue, en souffrance, mais dont le tact et la fragilité donne une dimension humaine et profonde à cet homme, cet artiste, juif autrichien, inquiet de l'avancée de l'histoire et du déroulement qu'il perçoit comme la fin annoncée de son art et probablement de sa vie...

Mention spéciale à Christiane Cohendy, qui campe magnifiquement Pauline, la femme de Richard Strauss. Pétillante et juste, elle apporte une présence et une énergie sublimes.

La collaboration, c'est celle de Richard Strauss, compositeur qui se pense en dehors de la politique, et de Stefan Zweig, auteur de langue allemande essentiel en cette période des années 30, pour la création d'un opéra. 

 

La rencontre des deux artistes, puis l'amitié des deux hommes. L'histoire d'une admiration mutuelle, qui permettra la réalisation d'une oeuvre conjointe majeure.

C'est aussi bien sûr celle de Strauss avec le pouvoir nazi. Collaboration, naïveté, renoncement, passivité, résignation... les choses ne sont pas
forcément ce qu'elles semblent être. Strauss compose avec les nazis. 

Zweig, lui, est torturé. Le nazisme est à l'encontre de ce en quoi il croit. La liberté de l'homme. L'égalité. L'épanouissement. Physiquement, il est oppressé. Il part. Il s'éloigne. De Strauss. 

Encore un mot de la mise en scène. Les écrans noirs, la typographie ancienne, qui s'intercalent entre les actes, le rythme. Parfois plus qu'une pièce, c'était un film qui se jouait devant moi.


Théatre de la Madeleine 
19 rue de Surène 
75008 PARIS

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