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[entretien] Mon candidat : François Bayrou

14 Avril 2012 , Rédigé par Naddie Publié dans #Entretiens

Echange avec Hubert, qui a porté son choix sur François Bayrou pour l'élection présidentielle.


Ton profil politique : 

Ni encarté ni adhérent d'un parti, je suis un citoyen qui se sent concerné par les enjeux de cette élection présidentielle.

J'avais déjà voté pour François Bayrou en 2007, et même si certains lui ont reproché de ne pas avoir pris position entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy j'avais au contraire apprécié qu'il maintienne son cap et d'avoir la liberté de mon vote sans suivre de directives globales.


Les trois raisons principales pour lesquelles François Bayrou est le meilleur selon toi :

Je le trouve sympathique et authentique. Il est naturel et ne donne pas cette impression de distance que peuvent donner certains hommes ou femmes politiques.

Son programme économique me semble rationel, sans fausses promesses ni démagogie. C'était déjà en 2007 le seul candidat qui faisait campagne sur la dette et la nécessité de la contenir. Il ose parler de maitrise et même de réduction des dépenses quand on sait qu'il faudra cesser l'hémorragie de dépenses publiques et réorganiser les recettes.

Il représente la vraie alternance : après 14 ans à gauche et 17 ans à droite, il pourra être un Président pragmatique à la tête d'un gouvernement d'union nationale, qui s'affranchira des clivages traditionnels et des travers de ses prédécesseurs.


Les limites de François Bayrou, qui pourraient le desservir : 

Une fois élu, il ne pourra pas gouverner seul. Il sera nécessaire qu'il puisse s'appuyer sur un gouvernement qui soit cohérent bien que n'appartenant pas nécessairement à la même famille politique.


Ce que tu attends de lui :

S'il est élu j'attends un vrai respect du programme sur lequel je me suis positionné, et qu'il maintienne le cap, malgré les lobbies des uns ou des autres. 

Il faudra qu'il réforme la France mais de manière proportionnée et mesurée, et surtout avec une vision à long terme. Les principales réformes demanderont du temps pour que leurs effets soient visibles. Je ne veux pas de politique spectacle du genre 1 jour/1 réforme mais une remise en marche organisée et sensée des institutions, des finances publiques, des services publiques etc ...


Et au second tour ? 

Si François Bayrou n'est pas au second tour, je considèrerai que je recouvre ma liberté de vote et je me déterminerai selon les candidats en présence et non selon des instructions partisanes. 

Je reste cependant certains que François Bayrou ne donnera pas d'instructions de vote en faveur de l'UMP ou du PS laissant à chacun selon sa sensiblité le choix de son bulletin.


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tebruc 14/04/2012 15:27

J'ai du respect pour François Bayrou, son honneteté, son intelligence et encore plus pour ses électeurs.
Mais, je ne lui pardonnerai jamais le rendez-vous qu'il avait avec l'histoire entre les deux tours de 2007 et qu'il a raté. Je reconnais qu'il n'avait pas été épargné par le PS pendant la campagne
du 1er tour, mais un homme politique se doit d'oublier les polémiques pour avancer vers son objectif.
Le ticket Royal-Bayrou aurait pu nous éviter tant de déboires, tant de cadeaux aux plus riches, tant d'injustices. Sans parler de l'image désastreuse qu'a la France à l'étranger (j'y vis).
Imaginez sa position et celle de son parti aujourd'hui, s'il n'avait pas reculé devant une alliance avec un parti du centre gauche. Car c'est bien ce qu'était Ségolène, encore plus centre gauche
qu'aujourd'hui Hollande.
Imaginez le scénario de politique fiction s'il en est:
- Ségolène qui gagne la présidentielle avec l'appui de François Bayrou,
- nomination de celui-ci en tant que Premier Ministre, éclatement du PS, une partie avec Ségolène, une autre avec Mélenchon, une partie avec DSK, une partie avec x, une partie avec y
- constitution d"un grand parti du centre.
- En 2011, démission de François Bayrou sous un prétexte un peu droitier, en protestant contre l'autoritarisme de Ségolène et ses décisions soudaines et incompréhensibles;
- candidature de Ségolène sans le PS, candidature de Bayrou avec son parti, en ayant dénoncé les pratiques de la présidente.
- Au moins 25% de voix au premier tour pour Bayrou ayant rallié tout le centre droit et fait éclater l'UMP.
Mais ce n'est qu'une fiction.
Car François Bayrou, par son histoire et ses croyances est au fond de lui un homme de droite, droite respectable, bien sur, mais droite conservatrice préférant le statu-quo plutôt que le
changement. L'essentiel de son parcours politique a été proche des gouvernements de droite.
La gauche doit lui faire un effet de repoussoir, peut-être en repensant au stalinisme, à la guerre d'Algérie, à 68, aux mauvaises années Mitterand. Homme de lettres classiques et homme de la
campagne, il n'a jamais vraiment approché le monde ouvrier, ni pour le soutenir, ni pour s'y colleter. Représentant d'un département principalement agricole et tertiaire, il n'a jamais soutenu ni
combattu pour les luttes ouvrières contre les licenciements dans la région de Lacq. L'industrie qui reste aujourd'hui dans sa région est une industrie de haute technologie, où les salaires sont
plutôt élevés, et dont les compétences technqiues nécessaires ne font pas craindre, pour le moment les délocalisations.
Dans les gouvernements auxquels il a participé, il ne s'est jamais confronté aux syndicats ouvriers ou patronaux, au monde de l'industrie. Ce monde là doit lui faire peur.
Je mettrai par contre à son crédit la méthode avec laquelle il a réformé l'Education Nationale en s'appuyant sur la concertation syndicale.
Sans doute demain, ne donnera-t-il pas de consigne de vote (sans cela il n'existerait plus après les élections), et il va continuer pendant 5 ans à vitupérer contre les "grands partis", et le
système médiatique, alors qu'il n'aurait fallu qu'une nuit pour qu'il réussisse à en créer un et faire un grand parti du centre, rassemblant le centre droit, le centre gauche, une partie des verts,
une partie du PS.
Quelle perspective ! Dommage.