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[entretien] Profession : Journaliste

5 Juillet 2012 , Rédigé par Naddie Publié dans #Entretiens

Entretien avec Isabelle Horlans, Journaliste qui m'a fait le plaisir de me répondre. 


 

Quel est ton métier ?


Je suis journaliste et j’ai exercé toutes les fonctions : chef de rubrique faits divers, chroniqueur judiciaire, grand-reporter, rédactrice en chef, j’ai aussi fait de l’antenne à Canal Plus, sur les plateaux de La Grande famille et Nulle Part Ailleurs. Aujourd’hui, je suis responsable d’une des stations régionales  de France 3.

 


Depuis combien de temps exerces-tu ce métier ?


Depuis 1983. Cela fera trente ans le 17 janvier prochain.  

 

 

Vocation, hasard ? Pourquoi cette carrière ?


Je rêvais d’être avocate lorsque, une nuit d’été, à Paris, j’ai été prisonnière d’un incendie criminel dans le XVIIIe arrondissement. Une amie de l’Est Républicain, qui me savait rescapée, m’a proposé d’écrire un témoignage et, quelques jours plus tard, le rédacteur en chef m’a offert un poste.

 


A quoi ressemble une journée ?


A l’exception de la chronique judicaire, qui nécessite une attention soutenue pendant l’audience pour rendre compte, le quotidien d’un journaliste est le même pour tous : trouver un sujet, puis le bon angle, interviewer, enquêter, synthétiser et écrire, le tout dans un stress permanent.

 


Qu'est-ce qui te plaît, qu'est-ce qui te pèse ?


J’aime tout ce qui se rapporte à mon métier. Mais, parce que aujourd’hui je suis « chef » de la plus grosse station régionale de France, je ne l’exerce pas vraiment et cela me pèse. J’aime le terrain, que je ne parcours plus, hélas.


  

Une anecdote, un souvenir particulier ?


Deux souvenirs douloureux ont marqué ma carrière. Le procès de Christian Van Geloven, à Perpignan ; il avait tué deux fillettes à Elne. Il a fallu se faire violence pour ne pas quitter le prétoire en hurlant et témoigner de manière impartiale. Et, en 1994, j’étais au Rwanda pendant la guerre. Nous étions les témoins impuissants d’une horrible boucherie. J’ai trop vu de petits corps mutilés. Je n’ai jamais pu retourner en Afrique, ni sur aucun autre terrain de guerre.

 


Est-ce un métier difficile à assumer ? Quelles sont les réactions qd tu l'évoques ?


Au contraire, c’est un métier « magique ». C’est un sésame qui ouvre toutes les portes. Les gens sont toujours fascinés, un peu comme face à un avocat, un magistrat, un médecin. Un journaliste à la table d’un dîner fait toujours « recette ».

 


Avec le recul, tu re-signes ? 


Trois fois oui. Mais peut-être orienterais-je différemment mon parcours : je serais par exemple correspondante à Washington et non directrice. Etre sur le terrain, à la découverte des autres, voilà ce que j’aime par-dessus tout !

 

 

journaleuseREDIM.PNG

© Solinette

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Carole Nipette 05/07/2012 17:10

Je n'imagine même pas comment je ferais si j'assistais à un procès comme celui de Marina par exemple sans pouvoir m'exprimer... ce serait impossible je crois... c'est vrai que quand on prend des
responsabilités on est moins sur le terrain, c'est partout pareil

LeLoupPhoque 05/07/2012 10:56

Intéressant.Travailler avec les malades de NPA ou au Rwanda, c'est plutôt varié..J'ai de la famille qui était à Kigali à cette époque. (Lui Véto travaillant pour l'ONU et elle pour ONG Belge) qui
étaient à Kigali à la même époque. Mêmes souvenirs que les tiens. Perdu tous leurs amis....Et aussi rôle des "journalistes" de la station des "Mille collines" (je crois) qu'ils mettaient en avant