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Loin des Yeux... ?

2 Mars 2012 , Rédigé par Nanou Publié dans #Humeur

Nanou m'a contactée il y a quelque temps, soumettant à ma réflexion ce sujet : à une époque où l'on ne se sédentarise que rarement à proximité du nid qui nous a vu grandir, famille et amis se retrouvent souvent à des centaines de kilomètres loin de nous. 


Et dès lors maintenir le lien n'est pas facile, et trop souvent les efforts se font à sens unique. 

Si je trouve le sujet pertinent et parfaitement dans la ligne de ce blog, je n'avais pas matière à le développer. Je lui ai donc proposé de le rédiger elle-même, ce qu'elle a fait, dans un billet sincère et touchant.


Je vous laisse en sa compagnie.


Depuis 12 ans déjà , je vis loin de mes parents et de ma famille. 


Ca ne me pose pas de problème particulier, je suis grande, autonome, j'ai appris à me débrouiller toute seule depuis longtemps.

Et même à trouver des solutions de dépannage à 8h du mat' quand la nounou m'appelle pour me dire qu'elle est malade et ne pourra pas garder mon fils ce jour-là !

Durant ces 12 années, j'ai voyagé, habitant à des distances comprises entre 300 et 800km de ma région natale. Par choix, pour les études, pour le boulot, pour suivre mon chéri... pour différentes raisons.

Ce sont des décisions que j'ai prise moi ou en couple, mais pour lesquelles l’éloignement de ma famille a peu joué dans la prise de décision.

Mais voilà...

Après autant d'années, j'en arrive toujours au même constat : il est très compliqué de faire venir les gens et sous prétexte que c'est nous qui avons fait le choix de vivre loin, c'est toujours à nous de bouger.

L'éternelle question est "c'est quand que vous revenez?", alors que moi je préférerais "on peut venir vous voir à Pâques, c'est un WE de 3 jours."

Pourquoi est-ce qu'on devrait se sentir coupables d'êtres partis et se sentir obligés de toujours faire nous-même la route pour les voir ?


Pour la famille, pas le choix, on fait un effort, on rentre, on propose qu'ils viennent, ils trouvent des prétextes, du coup on rentre moins souvent.... jusqu'où ça ira??

Pour les amis, c'est encore différent : Certains ont vite coupés les ponts (liens pas assez forts sans doute), d'autres donnent des nouvelles mais ne ressentent pas le besoin de se voir, et puis il reste les amis fidèles, de toujours (qui se comptent sur les doigts d'une main) et eux font l'effort de venir malgré la distance, les familles qui s'agrandissent....

Alors ma question est la suivante : Ne devrait-on pas se faire une raison et essayer de trouver de nouveaux amis, une nouvelle pseudo famille ?

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MarieShani 02/03/2012 13:02

Oh lala voilà un sujet que je connais bien, le métier de mon père nous a trimbalé toute notre vie d'un bout à l'autre de la France et de l'Europe tous les trois ans nous éloignant toujours un peu
plus de la famille et des amis...
A chaque fois c'était un arrachement et on était tellement content de "rentrer" pour les voir, sauf que si la famille ne bougeait pas les amis, les nouveaux amis on en a disséminés un peu partout,
alors ça devenait de plus en plus compliqué et quand nous descendions notre maison du Sud Est on passait par Paris,Lyon, la Suisse...et on arrivait 10 jours plus tard...parce que comme c'était nous
qui étions partis et évidemment c'était à nous de venir...et puis comme ça on revoyait l'endroit, on se rappelait mieux de bons moments...mais oui peu à peu les liens se distendent et pour les
soigner il faut apporter du soin justement à ces amitiés là, l'entretenir, la nourrir, c'est compliqué...
Plus tard à 16 ans, mes parents ont continué leur périple européen et notamment à l'est, à l'époque ou les pays de l'Est existaient, j'ai eu le choix entre Paris où se trouvait la famille et notre
pied à terre parisien et la Côte d'Azur ou se trouvait la maison de vacances...j'ai choisit la côte d'Azur qui présentait le double avantage d'être au soleil et loin du regard protecteur d'une
famille mixte dt une des moitiés est vietnamienne.


Seule sur la côte d'azur j'ai du m'habituer à cet état de fait, et faire l'effort de retourner sur les lieux de mes anciennes pour nourrir le feu de ses affections là, alors bien sûr l'attrait de
la grande maison au bord de mer finissait bien par s'imposer comme une évidence mais il n'est jamais venu à l'idée de personne qu'on pouvait faire le réveillon avec tout le monde ici plutôt qu'à
Paris, Lyon, Dieppe Hambourg, Vienne, Katovice ou Port Gentil...
C'est la loi du nombre, on était trois nous eux ils étaient plus nombreux. Alors on fêtait le jour de l'an en Normandie,le Tét à Paris, on allait au ski au col de la Faucille ou à Courchevel et
Pâque au hasard des grandes fêtes organisées par la familles et les amis...
De lmoin ça ressemble à une enfance et une adolescence dorée mais de plus près il manque toujours des gens qu'on aime et qui vous font sentir qu'ils auraient bien voulu qu'on les choisisse
eux...


Plus tard, le pli était pris et j'ai passé mes week end et mes vacances dans les sacs de voyages pour aller voir untel et untel que l'on avait pas vu depuis longtemps, c'était bien c'était sympa
tous ces voyages tous ces endroits mais finalement moi j'aurais bien voulu qu'on organise les fêtes chez nous, qu'on leur fasse partager notre nouvelle vie, notre nouveau chez nous...présenter mes
copines aux nouvelles, mes cousins à mes potes cacher les oeufs de pâques chez nous...


Il y avaient quelques irréductibles qui attirés par l'amitié et les grandes maisons que mon père nous louaient, faisaient un effort, mettaient femmes, enfants, chats et chien dans leurs voitures
pour venir camper chez nous l'été ou les week end et puis de moins en moins, parce que c'est la nature humaine et qu'au fil du temps, j'ai perdu le long du chemin des gens formidables mais trop
occupés ou parce que j'étais moi même trop occupée.


Alors, oui, il faut évidemment se faire de nouvelles amitiés parce qu'il faut se faire une nouvelle bulle et il faut tenter de garder au maximum dans cette nouvelle bulle les amis et la famille qui
sont loin, c'est dur et compliqué.

Quand on se marie on multiplie le pb par deux.

Mon homme est lorrain...les amis n'en parlons pas, ils sont restées tous ou presque, acquis à l'ancienne compagne et moi je suis une sorcière, mais la famille ?

C'est lui qui est parti, alors c'est nous qui devons venir pour Noël, c'est petit chez moi mais on a un appart de vacances pas loin, on peut loger tout le monde ici, chez maman et à fréjus en
campant un peu, ils pourraient venir tous ici emmener les filles du chéri...et on ferait la fête ici...


Alors oui les bonnes fortunes sont différentes, ok mais en se groupant, tous dans 2 oou 3 voitures ça fait quand même du monde et puis on aiderait un peu, mais non, c'est vrai que c'est compliqué
aussi pour eux...et puis c'est nous qui sommes partis donc c'est à nous de venir.


On tourne en rond, alors c'est nous qui y allons et quand on ne peut pas parce qu'on a pas assez de jours de congés et qu'il faut les garder pour les vacances d'été des filles de mon chéri et bien
on y va pas, on a de la peine en regardant les photos parce qu'on est pas avec eux, on culpabilise, ou on a u peu de rancœur et on se fait du mal et tout ça parce qu'on les aime et qu'ils nous
manquent.


La tata qui est partie vivre avec son mari à Guérande et qu'on avait déjà bien du mal à voir qu'on faisait un passage à Paris elle venait elle, c'était pratique Paris Nice en avion 1h15 mais
maintenant... Maman est agée c'était déjà difficile Nice Paris, les chiens et puis arrivés là bas il y avait les cousins aussi mais maintenant..., sa fille qui est restée seule en grande banlieue
et dont on ne connait même pas le nouvel appart, son fils à Paris,

Et puis Paris ça centralisait toute la famille à peu de chose prêt aujourd'hui au gré des mariages et des retraites tout le monde s'est disséminés partout...


Tous ces gens qui ont bercés mon enfance, les moment chéris du temps de l'insouciance, ceux de la vie d'avant de mon amoureux et bien ils nous manquent et on doit leur manquer aussi, il y a le
téléphone, skype et facebook pour qu'ils restent dans nos vies de maintenant, loin, coupables d'être loin...mais plein d'émotions et sentiments pour cette vie que l'on a laissée.



Là aussi, la vie se fait de mauvais compromis pour essayer de garder ce jardin magique mais ça ne se fait qu'au prix de nombreux sacrifice qu'il n'est pas toujours possible d'accomplir, tiraillée
entre ici et ailleurs toute ma vie j'ai du faire des choix et j'en ferais encore en affrontant les reproches informulés de ceux que j'aime parce qu'ils m'aiment...


Mais garder cette vie là lointaine près de mon coeur, c'est ce qui fait que je suis ce je suis, pleine de contradictions, de cultures différentes et surtout pleine d'amour.

Depuis quelques temps ma vie a pris un autre tour même si je n'ai pas bougé et parce que l'homme a du mal à trouver sa place dans mon univers et que du coup je me suis un peu mise en retrait de
ceux que j'aime ici, ils se sont éloignés ou sont parties loin de mon coeur et de mes yeux...


Je reprends mon bâton de pélerin de l'amitié parce que c'est plein de vide ici où il y avait tant de rires et d'amis, il faut se faire de nouveaux amis avec ce nouvel homme que j'adore mais qui n'a
pas su trouver sa place chez tous les miens ( probablement parce qu'il n'a pas voulu) mais il a tant sacrifié pour notre amour, que c'est à moi aujourd'hui de l'aider à recréer une bulle dans
laquelle il se trouve bien, heureux à l'aise...


Je n'oublie pas les gens qui sont partis ou que j'ai laissé partir, tout ceux que j'aimerais encore longtemps, je les comprends et leur souhaitent une belle vie et je reprends le cours de ma vie,
d'une autre vie, en les gardant au fond de mon coeur

cecilerodriguez 02/03/2012 11:07

Génial, je me reconnais trop dans ce billet. Exilée depuis 12 ans à 800 kms de la famille et des amis....
La famille s'arrange, et nous aussi, pour toujours se voir mais il est vrai que le départ lointain a crée une "disparition" d'amis !
Donc on reconstruit et on se refait un cercle, pas d'autre choix