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Schizophrénie normale d'une femme moderne

20 Février 2012 , Rédigé par Naddie Publié dans #Humeur

Dans son livre "Chambre à part", Maryse Wolinski écrit : "Il y a plusieurs vies dans la vie, et c'est bien cela qui nous la rend attrayante."

 

Et en effet, la vie, ce sont des vies. Plus encore de nos jours me semble-t-il. Nos vies ne sont plus monocordes, on bouge, géographiquement, professionnellement, plusieurs vies se succèdent.

 

Mais aussi (surtout?), et c'est là mon propos du jour, plusieurs vies se superposent. 

 

Etre une femme aujourd'hui, c'est être plusieurs : femme, épouse, mère, amie, fille, soeur, employée... Et dans chacune de celle là, un peu de soi.

 

Dans chacune il y a un peu de nous, de moi. Car soyons lucide je ne suis bien placée que pour parler de moi, mais j'aime à croire que d'autres se reconnaîtront dans ce portrait. 

 

Je suis une femme, indépendante, moralement, financièrement. Je me définis par mes goûts, mes préférences, mon caractère, mes choix et mes actions. 

 

Mais je suis aussi au quotidien, une mère pour Titou, une épouse (ou concubine, je ne différencie pas selon la nature juridique du lien sur ce propos) pour Chéri, une amie pour toutes celles et ceux qui m'offrent leur amitié, je m'inscris dans une famille, dans un métier, un groupe. 

 

Et toutes ces vies, qui se complètent assurément, et font de moi celle que je suis, se chevauchent, et parfois me rendent un peu schizophrène. 

 

Le matin, je me lève, et je suis la mère de Titou, à qui il faut préparer un petit déjeuner pour attaquer une longue journée. Puis je redeviens femme, je m'occupe de moi, s'habiller, se maquiller, gestes réflexes mais qui sont la source de l'image que je renvois dans la journée. 

Arrivée au bureau, je mets ma casquette professionnelle. Ici, ma vie privée n'entre pas en ligne de compte. Je dois être efficace, technique, professionnelle. 

Mais le soir, dès que je ferme la porte du bureau, je change à nouveau de rôle, je redeviens mère, me hatant pour récupérer au plus vite Titou chez sa nounou, ses journées sont déjà bien longues.

 

Puis passées les obligations de la maitresse de maison (tiens, un nouveau "moi"!) je redeviens épouse, me focalisant enfin sur celui avec lequel j'ai choisi de partager ma vie. 

 

Entre temps, j'essaie autant que possible d'être une amie présente, une soeur attentive, une fille aimante. 

Parfois je me dis qu'on a pas trop d'une vie pour faire tenir toutes ces vies ! 

 

Attention soyons clairs, ce billet n'est pas une propagande féministe ! Un homme en 2012 a souvent les mêmes rôles, la même dichotomie dans sa journée et ses préoccupations. Mais les chiffres le prouvent, les femmes gèrent encore la majeure partie de tout ce qui touche aux enfants et au foyer. Et surtout il est attendu d'une femme qu'elle gère l'ensemble de front, quand un homme sera mal perçu parce qu'il part plus tôt d'une réunion pour que le cadre laisse place au père.

 

Une chose est sûre, de manière générale, ces vies se juxtaposent, parfois se superposent, se complètent, mais jamais ne se confondent totalement. 

 

La question que je me pose, dès lors, est la suivante : si dans chacune de mes vies il y a un peu de moi, quand suis-je totalement moi-même, sans composition, sans concession ? 

Quel est le rôle dans lequel je suis moi, seulement, sincèrement ? 

A bien y réfléchir, je crois que ça n'existe pas. Ma vie professionnelle reste à sa place, ma vie personnelle aussi. 

La seule chose dans laquelle je puisse être entière, totalement sincère, c'est dans ma relation avec les gens. 

Tous n'ont peut être qu'une part de moi, mais une part intègre, et vraie.

 

Peut-être que finalement la vraie question n'est pas quand et avec qui suis-je totalement moi, mais qui sont ceux qui savent réellement qui je suis.

 

Et sur ce point là, en vérité, je n'ai que peu de doutes !

 

 

 

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claiiireb 29/02/2012 22:24

super billet.
Je vous rejoins toi et Cécile, sauf bien sûr sur la partie Titou/Friponne.

Je pense qu'on ne se départit jamais VRAIMENT de sa vraie personne, on en éteint tout simplement certains aspects ou on essaie de les tempérer.

Le meilleur hommage que tu peux te faire, c'est de laisser tout ton moi transparaître, à tous les moments/niveaux de la vie, mais ça, c'est dur, parce que soit le monde pro est trop prout-prout,
soit les convenances sociales font que tu t'auto-censures pour les autres.

MAIS en tous les cas, c'est certain qu'à notre époque, on est quand même obligés de cacher certains morceaux, ou d'avoir une vraie schizo... et c'est quand même triste

Naddie 02/03/2012 09:59



Doudette sur son blog a fait un très beau billet sur les convenances ! En vieillissant on se compromet moins, mais on a toujours plusieurs vies en une !



cecilerodriguez 25/02/2012 13:08

on est tellement à se reconnaître dans ce billet d'humeur ! Femmes certes, mais épouses et mères avant tout !!! Tout ça parce que les conventions sociales ont la vie dure (et longue)....
Je milite pour le statut de mère indigne (entendons ici, mère qui ose parfois penser à elle avant même de penser au schtroumpf ou à l'Homme) !
des bises ma belle

Naddie 25/02/2012 13:46



Merci ! Je te suis ô combien sur ce point. Ca pourrait même faire un beau sujet : mère indigne mais femme heureuse ! Bisous 



cecilerodriguez 25/02/2012 13:06

on est tellement à se reconnaître dans ce billet d'humeur ! Femmes certes, mais épouses et mères avant tout !!! Tout ça parce que les conventions sociales ont la vie dure (et longue)....
Je milite pour le statut de mère indigne (entendons ici, mère qui ose parfois penser à elle avant même de penser au schtroumpf ou à l'Homme) !
des bises ma belle

ludolika 21/02/2012 07:25

je me suis reconnue dans ton billet. cretains jours on se demande où est le vrai soi mais en fait on est là toujours quelque soit le role qu'on endosse...énormes bisous

Naddie 22/02/2012 11:40



Voilà, je crois que c'est une partie de nous, et au final, ça nous construit ! Je t'embrasse !